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Podcast L’hôpital de Loudéac

L’hôpital de Loudéac

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Le 29 mai 2020
Posté par Billigradio le 29 mai, 2020 dans

Bonjour et bienvenu pour une nouvelle balade patrimoniale à la découverte de l’hôpital de Loudéac.

Construit en 1775, l’hôpital est composé de pierre de schiste et de granit. Il a été fondé par François le baron, seigneur et procureur du duc de Rohan. A l’origine, c’est un hospice pour les orphelins et les nécessiteux.
En 1801, sa gestion est confiée aux Sœurs de la Sagesse. Cette congrégation religieuse, enseignante et hospitalière est uniquement féminine. Elle fut créée en 1703 à Poitiers par Louis Marie Grignon de Montfort.

6 ans après leur arrivée, les soeurs font construire un nouveau bâtiment. Les pierres de l’ancienne église de Cadélac (Loudéac) sont alors utilisées. Son édification permet d’accoler l’hôpital à la chapelle. Il faudra attendre 1821 pour qu’un passage direct soit créé entre ces deux bâtiments. Une porte sera alors percée au niveau du chœur permettant leur jonction.
Concentrons-nous maintenant un peu plus sur cette chapelle. La chapelle de l’hôpital fut bénie dès 1785. Sa construction nécessite la réalisation d’une nouvelle rue pour permettre un accès depuis la rue Moncontour. Cette rue, nommée Saint-Joseph, donne aujourd’hui son nom à l’édifice.

Le bâtiment possède un plan rectangulaire. Sur sa façade se trouve une porte principale entourée d’un portique à fronton triangulaire (élément se trouvant sur le dessus de la porte). Dans la continuité de l’axe
centrale on aperçoit une fenêtre, ainsi qu’un clocheton. A l’intérieur de celui-ci se trouve la cloche « Jésus Maria Joseph ». Elle provient de l’atelier du rennais Ollivier Hinet. Initialement, une autre cloche
était en place dans le bâtiment. Elle fut sans doute enlevée et fondue lors de la révolution.

En effet, en 1789, la chapelle a été le lieu des premières assemblées pour la rédaction des cahiers de doléances. C’est également là qu’on désigna les députés de la Sénéchaussée de Ploërmel, c’est-à-dire, les futurs officiers au service d’un roi. Elle devient alors un lieu symbolique de la contestation du peuple.
Ainsi, plus tard, elle abritera les restes de Mercier la Vendée, lieutenant du célèbre général chouan Georges Cadoudal. Aujourd’hui, les reliques de Saint Louis Marie Grignon de Montfort y sont conservées.
Plusieurs éléments de la chapelle méritent d’être signalés. Deux statues sont classées Monument Historique : celle de la Vierge et celle de Saint Samson. Le plancher de la tribune – la galerie se trouvant en hauteur- possède des peintures. Traces rares d’une époque où les édifices religieux étaient couverts de couleurs.

Face à ce bâtiment se trouve le monument aux mort érigé en 1922 grâce à une souscription publique. Il fut sculpté par Quillivic en l’honneur des soldats disparus. Il est taillé dans la Kersantite avec un socle en granit. Il représente un poilu et une femme en habit traditionnel. L’artiste, Jeanne Malivel écrit à propos de cette œuvre : « La sobriété du geste et une savante simplicité d’exécution, non dénuée cependant d’un certain réalisme, en font une œuvre de premier ordre, qui gagne à être étudiée et que le temps
embellira encore de sa patine. » Nul doute aujourd’hui qu’elle avait raison.

A bientôt pour une nouvelle balade en Bretagne Centre

Hélène Gustin
CacSud22