L'histoire du lin de Bretagne Billigradio CacSud22

L’histoire du lin

Balade en Bretagne Centre
Balade en Bretagne Centre
L'histoire du lin
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Bonjour et bienvenu pour une nouvelle balade patrimoniale où l’on part ensemble sur les traces de l’histoire du lin …
A l’occasion de ces chroniques, nous avions déjà abordé quelques éléments historiques autour de cette question mais creusons un peu plus loin….
Au 16e et au 17e siècle, le lin et le chanvre sont cultivés en Bretagne pour leurs fibres utilisées principalement dans la fabrication de toiles. Leur transformation et leur commerce génèrent une activité économique intense. La Bretagne est alors l’une des premières provinces toilières françaises. Les toiles de chanvre qu’elle produit équipent une grande partie des marines européennes, ses toiles de lin sont, elles, exportées vers l’étranger. Cette activité toilière a des conséquences importantes sur le plan
économique, démographique et artistique.

Si le lin et le chanvre sont cultivés pour un usage local un peu partout sur le territoire, certaines régions se spécialisent dans la production toilière. Cette activité place la Bretagne au coeur d’un vaste système d’échange planétaire. Les graines de lin importées de Lituanie, via la Baltique et les Flandres, par le port de Roscoff, sont semées dans les sols fertiles de la côte Nord. Le chanvre est lui cultivé autour de Locronan ou dans le bassin de Rennes. Les différentes étapes de transformation des fibres sont
réalisées par des paysans et constituent une activité de complément. Les toiles sont ensuite exportées vers l’Angleterre et l’Espagne par les ports de Saint-Malo, Morlaix, Landerneau… De l’Espagne, où sont implantés les marchands français, les toiles de lin et de chanvre gagnent les colonies d’Amérique.
A partir du 16e siècle, une industrie rurale se met en place sur le territoire breton. Si le lin et le chanvre sont cultivés partout, les activités de production et de transformation des toiles exportées, se concentrent dans certains territoires selon leurs caractéristiques géographiques, géologiques et démographiques. La
“manufacture” des toiles associe les terres fertiles du littoral, les terres plus pauvres de l’intérieur, les villes, les ports et leurs arrière-pays.
Du littoral vers le centre de la région la proportion des cultures de lin et de chanvre s’inverse. Les terres limoneuses du nord de la Bretagne, soumises au climat océanique, sont propices à la culture du lin, tandis que le chanvre est cultivé à l’intérieur du pays.

A travers toute la Bretagne, entre la culture et la commercialisation, les opérations multiples que représentent le semis, l’arrachage, l’égrenage, le rouissage, le teillage, le peignage, le filage, le blanchiment et le tissage font appel des savoir- faire spécifiques et sont organisés de manière différente
selon les régions.
Après avoir été cultivé sur la côte nord du Léon, le lin qui sert à la fabrication des « créés » est transformé dans l’arrière-pays léonard. Le lin cultivé dans le Trégor est, quant à lui, transporté dans les pays de Quintin et Uzel pour subir les opérations qui permettent d’en faire les toiles appelées les « Bretagnes ». Sur le territoire des crées, les fils de lin sont blanchis avant d’être tissés alors que les Bretagnes sont blanchies une fois tissées.

Pour découvrir en détail ces savoir-faire et cette histoire, je vous invite à vous rendre le musée des toiles de Saint-Thélo et l’atelier de tissage d’Uzel ! Et si d’aventure vous êtes dans ces communes le 18 et 19 septembre, sachez qu’un festival autour du lin y est organisé cette année. Merci à tous d’avoir suivis les balades patrimoniales en bretagne centre et moi je vous dis à bientôt pour une nouvelle chronique sur Billigradio.

 

Hélène Gustin
(CacSud22)

 

 

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