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Le « Crime de Plérin » (1883)

Frissons en Bretagne
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Le "Crime de Plérin" (1883)
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L’affaire du « Crime de Plérin » démarre, le 12 février 1883, par la macabre découverte d’un tronc humain, dans les eaux du Gouët, près du Moulin de Souzain, à Plérin-sur-Mer (22).

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Le corps dépecé fut jeté depuis le Pont de Gouet, entre Saint-Brieuc et Plérin Crédits : KEVIN MAGI

Le meunier découvre la tête sur le bord de la rivière. On pense d’abord que c’est un marchand d’oranges mais après quelques recherches celui-ci est retrouvé sain et sauf. Une semaine plus tard, de nouveaux morceaux de corps humains sont mis au jour par des marins, à proximité du phare de la Pointe-de-l’Aigle.

L’énigme de « l’homme coupé en morceaux » fait grand bruit et alimente bien des versions. « Est-ce un crime dont le vol a été le mobile, ou bien a-t-il été causé par un sentiment de vengeance ou de jalousie ? », s’interroge le chroniqueur du Propagateur, dans son édition du 13 février 1883.

Le 14 février, une couturière qui voit la portrait, reconnait la victime : il s’agit de Pierre-Mary Henri, carrier plérinais de 37 ans. Il est connu comme étant un grand alcoolique sur la commune. sa femme, Marie-Joseph, est avertie.

« Oui, je l’ai tué »

Les soupçons se portent sur l’épouse très vite mais elle nie. Puis il y a la perquisition à son domicile et là… les gendarmes découvrent des vêtements tâchés de sang dans un grenier à foin. Elle craque… Elle avoue… « C’est moi qui ai tué mon mari… Il était saoul… Cela m’impatienta… J’ai pris un trinkenn et lui portait un coup violent sur la tête. Voyant qu’il ne bougeait pas, je lui portais plusieurs autres coups. Le lendemain, à l’aide d’une hache, je lui coupais les jambes et les deux bras. Elle porte alors les membres de sa maison de la Ville-Neuve à Plérin au pont du Gouët, met des pierres dans un sac et jette le tout à la rivière.

Elle comparait au procès de la cour d’assises de Saint-Brieuc les 10 et 11 Avril 1883. Une foule considérable est chaque jour au Palais, huant l’accusée. Aucun doute ne plane sur la culpabilité. Marie-Joseph Henry est condamnée à 20 ans de travaux forcés. Le chroniqueur judiciaire du journal Le moniteur relatera dans l’édition du 14 avril que la femme Henry n’a laissé transparaitre aucune émotion en entendant sa condamnation. La foule massée dans le jardin des promenades a commenté à sa façon le verdict.

Et une autre victime apparait dans l’histoire. L’année suivante, le fils unique du couple se donne la mort. Il n’avait que 11 ans.