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Hélène Jegado

Frissons en Bretagne
Frissons en Bretagne
Hélène Jegado
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La Bretagne, terre tranquille ? Pas si sûre… Certes quelques légendes sont fantastiques, quelques lieux nous enchantent mais dans cette rubrique, place aux côtés sombres de la Bretagne. Elle a vécu des heures tragiques où catastrophes, faits divers et crimes ont bouleversé la vie quotidienne de chacun.J’en ai des frissons rien qu’à la souvenance de quelques faits qui m’ont été rapportés. Quand je dis cela, certains d’entre vous songeront direct à l’affaire Jegado, cette Morbihannaise surnommée la plus grande tueuse en série, la Serial Killer, ou encore la cuisinière meutrière ou l’empoisonneuse à l’arsenic.

01 Helene Jegado frissons en Bretagne

Helene Jegado frissons en Bretagne

Alors pour ouvrir cette rubrique « Frissons en Bretagne » sur Billig Radio, place donc à cette grande affaire, celle d’Hélène Jegado. Pour vous raconter cette grande affaire criminelle, je ne vais pas vous dérouler la vie d’Hélène, je ne vais pas vous énoncer tous les faits mais vous lire quelques minutes du procès qui me semblent bien représenter le côté morbide de l’affaire. Cet échange à la fois cruel et indécent entre le juge et l’accusée vous donnera bien des frissons. Nous sommes donc au tribunal de Rennes en 1851 :
« Vous croyez vraiment que ça suffira pour vous faire éviter la guillotine ?
-Je vous assure que j’ai été fortement marquée par ces histoires qu’on me racontait toute petite. Imaginez, alors qu’on vient de vous raconter que la mort, l’Ankou, traine dans les campagnes environnantes, prête à vous saisir d’un moindre coup de faux, comment moi, je m’endormais dans la vieille et pauvre ferme où je vivais ! Je vivais chaque soir un véritable cauchemar. Il fallait que je me débérasse de cette mort en étant plus forte qu’elle.
– C’est comme ça que vous avez décidé d’empoisonner tout le monde ?
– Pas tout de suite. Quand ma mère est mort, j’avais 7 ans et je fus placée comme domestique. Je connus beaucoup de places diverses et variées où l’on me faisait subir de tout jusqu’aux outrages les plus intimes comme me prostituer. J’avais forcément de la haine et l’envie de me venger de toutes les personnes qui me faisaient du mal. Comme j’étais à la cuisine, je pouvais saler la soupe à ma façon.
– Avec de l’arsenic à la place du sel.
– C’est vous qui le dites.
– Jusqu’au jour où vous commîtes le crime de trop chez un maitre qui était avocat et surtout expert en affaires criminelles. Intrigué par la mort de ses deux gouvernantes, il s’intéressa à votre passé et ne fut point déçu. En 18 ans, il dénombra entre 30 et 60 victimes, sans qu’il fut possible d’en prouver la plupart puisque des épidémies de choléra avaient décimé la région, avec pour particularité de présenter des symptômes proches de ceux d’un empoisonnement à l’arsenic.
– Mais la prescription ! A quoi bon remuer le passé ?
– Pour que le jury puisse apprécier votre personnalité à juste titre. Vous êtes une vraie tueuse en série.
– Je n’ai jamais volé personne !
– D’argent point, mais des vies oui, dont celles d’enfants ! Et s’il ne reste aujourd’hui à juger qu’une dizaine de meutres, cela est suffisant pour vous mener à la mort ! »
Hélène Jegado fut effectivement exécutée peu après, en 1852. Malgré le nombre impressionnant de crimes qu’elle a finit par avouer, elle ne suscita que peu d’intérêt auprès de la presse qui se concentrait bien plus sur les conséquences du coup d’état politique de Napoléon III.
Criminelle hors du commun, son crâne fut même étudié par la Médecine dans le but de vérifier la présence éventuelle d’une bosse du crime.
Imaginez que vous aussi vous ayiez croisé le chemin d’Hélène Jegado, ça donne quelques frissons rien que d’y penser, n’est-ce pas ? A bientôt sur BR pour d’autres moments tragiques et frissonnants de la Bretagne.