Des chèques en breton

Ec(h)o de Bretagne
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Des chèques en breton
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Depuis 1982, le Crédit Mutuel de Bretagne (CMB) propose à ses sociétaires un chéquier en breton. Cette décision peut être vue comme un acte courageux et mérite d’être souligné dans notre rubrique l’Ec(h)o de Bretagne sur Billigradio. Plusieurs associations se battaient depuis des années pour obtenir le droit de payer dans sa langue régionale. Le Crédit Mutuel a ainsi donné satisfaction à nombre de ses clients. Peut-être y avait-il un intérêt commercial, allez savoir ! Cette initiative a été suivie puisque en 2002, le Crédit Agricole du Finistère suit le mouvement en proposant le même service.

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Des couacs dans l’administration

Il y a certainement juste une chose qui ne va pas, c’est la lourdeur de l’administration française. Si on regarde les articles concernant ce sujet cette dernière décennie, ce sont des dizaines de cas recensés où ces chèques ont été refusés et essentiellement dans les administrations françaises : la CAF, pôle emploi… Justement en 2010, une habitante de Rennes conseillère municipale de la ville, envoie un chèque de 252,90€ à la direction de Pôle emploi Bretagne pour régler une dette. La somme en lettre est rédigée en breton, la somme en chiffres est elle écrite en chiffres normaux comme sur un autre chèque. La Direction de Pôle Emploi renvoie le chèque avec cette petite note « Veuillez rédiger votre chèque en français s’il vous plait ». Même type de réflexion, pour un utilisateur de la CAF « la Caisse des dépôts n’accepte que les chèques en Français »

Pourtant le Code monétaire et financier est clair : « Un chèque doit contenir la dénomination du chèque, celle-ci doit être insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la langue employée pour la rédaction de ce titre ». On a bien compris : il faut écrire la somme dans la langue utilisée pour l’impression du chèque. Il se trouve que pour ces deux exemples, le chèque était bien en breton, l’écriture de la somme pouvait donc bien figurer en breton. De plus, la loi stipule qu’un chèque bilingue écrit en breton ne pourrait être source de problèmes que si la somme écrite en chiffres y était absente ou réellement illisible.

Désormais le Crédit Mutuel a donc édité un petit livret juridique à l’intention de ses client stipulant toutes ces données. Cependant comme il n’y a pas de cadre législatif encore, sachez que tout commerçant a le droit de refuser des chèques en langue bretonne, mais il doit le signaler au moyen d’une affichette explicative dans son commerce.

France Bleu Breiz Izel 2O.// en 2016, a commandé une petite enquête concernant lʼusage des services bancaires en breton au Crédit Mutuel de Bretagne. On y apprend notamment que « le CMB recense 7 600 chéquiers en breton en circulation, 600 de plus quʼil y a cinq ans ». Le directeur général délégué de l’époque, Dominique Andro, note que « les utilisateurs des services en breton sont de plus en plus jeunes, et sont le fruit des écoles en breton, qui voient chez nous un moyen de pratiquer dans la vie de tous les jours ». On estime toujours en 2016, à 20 le nombre de personnes par heure utilisant les bornes en breton proposées par la banque ce qui correspond à 130000 opérations par an.

Demandez-les à vos banques !

Quoique lʼon puisse penser du système bancaire, il faut admettre que le CMB a une politique ouverte en ce qui concerne les langues bretonnes. mais ce n’est pas le cas de toutes les banques. Un conseil : écrivez à vos banques respectives pour leur demander la possibilité de disposer de chèques et, plus largement, de services en langues bretonnes ! Et j’écris bien sûr langues bretonnes avec un S, car ne serait-il pas temps aussi pour le gallo ? À lʼavenir, ce genre de « détails » pourra faire la différence entre deux banques…

A bientôt pour une nouvelle rubrique Ec(h)o en Bretagne que vous pouvez réécouter en podcast sur notre site Billigradio.com